Mendi Ederrak

Dôme de neige des Ecrins, l'ivresse de la haute montagne

15 Juillet 2016, 17:55pm

Publié par Peio

Je ne vais pas vous raconter cette course. Oui, j'aurais pu vous raconter mes émotions, mes premiers pas sur un glacier avec des crampons. Je pourrais, une fois de plus, vous dire à quel point la montagne est belle. Les photos ci-dessous en attesteront.

Mais, je n'ai pas trop le coeur à cela. En ce moment, je me pose beaucoup de questions sur le sport qui m'a façonné, et qui occupe une place trop importante dans ma vie.

Les premiers efforts, sentir son cœur battre à rompre, les jambes qui brûlent. Le goût qu’ils donnent à l’eau. Découvrir son corps. Goûter à l’endorphine. Se laisser aller. Le premier marathon. Se dépasser, les frissons sur la ligne d’arrivée. L’euphorie. Le sentiment d’accomplissement. S’entraîner, s’affuter. Nager. Courir. Rouler. Skater. Secréter plus d’endorphines. S’entraîner plus, se fixer des objectifs. S’oublier dans l’effort. Tout oublier dans l’effort. Grimper le Ventoux, L’alpe d’Huez, le Tourmalet, le Galibier. Du mental. Devenir addict . Grimper plus vite. S’ouvrir le capot. Voir en noir et blanc. Du mental. Idolâtrer des marchands de rêves et des facilitateurs de croissance. Des baskets. Un cuissard à 180 euros. Une montre, un gps, un altimètre. Strava et la chasse aux KOMs. Se faire plaisir, céder : un vélo en carbone, et des roues à 2000 euros. Faire plus de courses. Plus dures, plus longues. Abandonner. Recommencer. Ne pas abandonner. Du mental. Faire de la douleur son ami. Passer la nuit à courir dehors. Du mental. Passer deux nuits à courir dehors. Plus. Plus. Plus. Devenir une machine. S’inscrire au tirage au sort pour Zegama. Chasser les points pour faire le tour du Mont Blanc. Se frustrer. Monter à 3000, du gasoil, une membrane. S’émerveiller. Monter à 4000, du gasoil, des crampons, une doudoune. Se sentir infiniment petit. Se griser. Monter à 5000, du kérosène, une photo de profil facebook collector. Monter à 6000, du kérosène, des sous et des sherpas. Monter à 7000, s’élever au dessus de la misère, attention, penser au cercueil. Se sentir vivant. Vivre. Ne pas avoir de regret. Assouvir ses envies. Rêver, toujours, encore. Réaliser ses rêves. Un par un. Quoi que ça coûte. On a qu’une vie. Vivre. Rêver plus grand. Se blaser. Se frustrer. Assouvir ses envies. Vivre à 1000 à l’heure. Ne pas penser à demain. Profiter de l’instant présent. Communier avec la montagne, choisir son chemin, se sentir libre. Jouir. Plus haut, plus loin, plus exotique, plus difficile, plus beau. Plus de risques. Plus. Plus. Plus. S’élever au dessus de la morosité, des problèmes sociaux et du laid. Sentir le temps suspendre son vol au lever du soleil sur une ligne de crêtes. Sentir le temps nous manquer. Courir. Pas de place pour la tranquillité, pour la routine. Ne pas revenir sur ses pas. Prendre tout ce qu’il y a à prendre. Tout. Ne pas laisser une miette. Ne pas penser à demain. Ne pas perdre de temps à critiquer, ou s’indigner. Positiver. Quand ce n’est pas beau, s’élever. Poster la bonne photo, écrire le statut qui va interpeler. Vendre du rêve. Un maximum de likes. Donner l’envie à ses proches. Faire crever d’envie. Ne plus avoir de frontières entre projet de vie, loisirs et consommation.

Une vie à la quête de sensations, une vie de contemplation, une vie de défi, une vie à la conquête de l’inutile. Une vie à positiver et s’émerveiller. De la liberté, des choix. Une vie où orgasmes et frustrations se succèdent sans cesse. Une vie sans réflexion et compassion. Une vie de consommation, sans construction. Une vie de mouton. Une vie à meurtrir la nature, malgré la proximité. Une vie de drogué. Une vie d’ignorance et de déni.

Dôme de neige des Ecrins, l'ivresse de la haute montagne
Massif du Mont Blanc

Massif du Mont Blanc

Dôme de neige des Ecrins, l'ivresse de la haute montagne
Photo de profil pour Facebook

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Ma sherpa, Claire!

Ma sherpa, Claire!

Photo de couverture?

Photo de couverture?

Dôme de neige des Ecrins, l'ivresse de la haute montagne
Pelvoux

Pelvoux

Tu me trouves pessimiste, hein... Ne t'inquiète pas!

De l'égologisme à l'écologisme, le fric.

30 Janvier 2016, 12:02pm

Publié par Peio

L'argent... un sujet qui dérange. Le monde de la finance est montré du doigt, haï. Dans le cadre des élections présidentielles de 2012, deux phrases de François Hollande resteront dans les anales : "mon véritable adversaire, c'est le monde de la finance", "Je n'aime pas les riches". Judicieusement placées, elles auront contribué à son élection. Rassurez vous, François n'est pas haineux pour autant. Une fois élu, il nommera un certain Macron (ex banquier chez Rotschild, autant dire qu'il ne finançait pas la transition écologique ou des projets solidaires...)... à l'économie!

Pourquoi ce foutu fric? Initialement, l'argent est le fruit d'un travail, d'énergie que l'on souhaite échanger contre quelque chose que d'autres ont fait. L'argent permet donc d'accéder à des choses que nous ne savons pas faire, ou que nous ne voulons pas faire. L'argent est une invention géniale, qui a vraiment contribué au progrès de la condition humaine! Je citerai Pierre Rabhi (Vers la sobriété heureuse) qui en parle mieux que moi, "L'argent, invention destinée à rationaliser le troc, noble représentation de l'effort, de l'imagination, de la créativité, de la matière utile à la vie, a été dénaturé par celui que l'on "gagne en dormant".

Le problème, c'est ce qu'on a fait de l'argent, la valeur qu'on lui a donné. Les échanges entre les humains, avec la création de frontières, de zones économiques, de différentes monnaies, de différentes systèmes monétaires et boursiers, l'avénement de la finance ont complexifié la valeur et l'utilité de l'argent. Les grandes crises financières ou crash boursiers peuvent attester de la non maîtrise de l'homme sur la monnaie, et d'un certain délire irresponsable. . Je pourrais m'étendre longuement sur tous les maux causés par la finance, sur le non sens de notre "économie", mais ce n'est pas le but de mon post.

Dans mes réflexions et mon cheminement pour une vie plus éco-responsable, et un peu plus sensée, je me suis d'abord interrogé sur ma consommation (normal en tant que bon homo-consommatus). Comment consommer mieux, de manière responsable? Mais surtout comment consommer moins (notamment en matière de transports où je pêche sérieusement)? Ce n'est que dans un second temps, que je me suis penché sur la question de l'argent, pourtant tout aussi cruciale. Je travaille et gagne bien ma vie, j'ai un pouvoir d'achat conséquent, la possibilité d'épargner et d'investir. Je me suis rendu compte qu'une partie conséquente de mon argent (donc indirectement de mon énergie) était utilisé à des fins qui n'étaient pas du tout en adéquation avec mes opinions. Je m'efforce à consommer moins et mieux, mais via mon épargne actuelle, je participe à un système financier qui est nuisible aux causes que j'essaie de défendre! J'ai de plus en plus de mal à supporter cette idée, donc je me renseigne activement pour voir comment je peux mieux utiliser mon argent. La motivation de ce post est de partager avec vous des alternatives qui ont retenu mon attention, et vous inviter à participer à faire vivre ces projets, nouveaux systèmes, plein de bon sens et qui ont besoin de vous pour vivre.

Je vais commencer par les monnaies locales, qui ont d'ailleurs, très bien été présentées dans le film Demain. Personnellement, j'ai entendu parler de la première fois des monnaies locales avec l'Eusko en Pays Basque Nord, pionnière. Aujourd'hui, à Strasbourg, je compte bien participer à l'essor du Stück! ll coexiste aujourd'hui en France une quinzaine de monnaies locales (il y en aussi à Toulouse, Chambéry, Bordeaux, Brest...). Et une dizaine d'autres sont en projet. Pour beaucoup, aujourd'hui, les monnaies locales, c'est pour les bobos, c'est bien farfelu, à quoi ça sert d'échanger nos euros contre des Euskos ou des Stücks?

C'est tout simplement une alternative pour apprendre à ré approprier la monnaie, à ré inventer une économie non spéculative et résiliente (aujourd'hui, 3% seulement des flux financiers de l'euro soutiennent l'économie réelle, le reste n'est que spéculation), consommer local, éco-responsable et éthique, dynamiser l'économie locale et solidaire, enfin cela est un moyen indéniable de lutter contre la fraude fiscale. Quel est le système pour que cette monnaie circule, et reste un moyen d'échange? Une décote régulière et minime, donc aucun moyen de faire fructifier les monnaies locales. Le Stück n'a pas vocation à enrichir les gens matériellement. Pour qu'une monnaie locale marche, il faut que tout le monde joue le jeu, consommateurs, fournisseurs, et commerçants. Basques, alsaciens, toulousains, renseignez vous et participez à construire une économie responsable, durable et résiliente!

Les banquiers... Nous sommes beaucoup à ne pas les porter dans notre estime, et pourtant, nous leur confions notre argent. La crise de 2008, et bien d'autres scandales ont mis en lumière leur irresponsabilité, leur cupidité et leur folie, et pourtant, encore, nous leur confions notre argent. Comment faire autrement? Là aussi, il existe des solutions. Je viens d'ouvrir un compte courant au Crédit Coopératif, et un compte d'épargne. Le Crédit Coopératif est une banque qui investit dans des entreprises sociales et éco-responsables, mais aussi dans des associations, des fondations et des coopératives qui mettent l'humain au premier plan.

En ouvrant mon compte courant, j'ai choisi une association parmi une vingtaine (Actions contre la faim), à laquelle le Crédit Coopératif versera 6 centimes ou 12 centimes à chacun de mes retraits. Puis j'ai ouvert un livret AGIR (intérêt 1,5% jusqu'à 15 300 euros), où là aussi j'ai choisi une association parmi une soixantaine (France Nature Environnement), à qui je verserai la moitié de mes intérêts. L'argent placé sur ce livret servira à accorder des crédits aux clients du Crédit Coopératif qui oeuvrent pour la plupart dans l'économie sociale et solidaire. Il existe plusieurs autres supports d'épargne, pour répondre aux différentes attentes de chacun.

Une autre banque éthique et éco-responsable donnera bientôt aussi la possibilité d'ouvrir des compte-courants: la NEF. C'est aussi un acteur majeur dans l'économie éco-responsable, c'est d'ailleurs la banque des euros échangés en Stück!

Je me suis renseigné aussi sur les différents moyens pour investir dans l'écologie verte, comment participer à développer les énergies renouvelables? Là, aussi, il y a pas mal de choses intéressantes qui se mettent en place. Un site de crowfunding a particulièrement retenu mon attention: lendosphere.com, et j'ai fait mes deux premières offres de prêt afin de soutenir deux projets d'éolienne d'envergure, un dans le Soissonnais et un autre dans le Tarn. A noter que les gains ne sont pas marginaux! Un autre moyen pour soutenir les énergies renouvelables sera de souscrire au Pass' Vert (l'énergie coop de l'Electricité de Strasbourg, et oui, encore une exception alsacienne).

J'ai donc découvert que j'avais bien des possibilités pour dépenser, et investir mon argent dans des causes qui sont en cohérence avec mes aspirations, et j'en suis très heureux!

Je profite aussi de ce post pour vous parler du film Demain. Ce film m'a motivé, dynamisé. J'ai tellement accroché que je suis retourné le voir une deuxième fois avec toute ma famille. Je me réjouis du succès qu'il connaît et qu'il ait aujourd'hui dépassé les 600 000 entrées. J'ENCOURAGE TOUT LE MONDE A ALLER LE VOIR, SI CE N'EST PAS ENCORE FAIT.

De l'égologisme à l'écologisme, le fric.

Demain est un film pragmatique et plein d'énergie qui proposent des solutions déjà éprouvées pour sauver le monde de la catastrophe écologique. Rares sont les documentaires aussi complets qui ont abordé autant de champs que Demain. En effet, tout y passe: l'agriculture, l'énergie, la politique, l'économie, l'éducation... Cyril Dion et Mélanie Laurent ont réussi leur coup en insufflant une réelle dynamique.

Je n'ai qu'un seul reproche, ou plutôt commentaire à faire sur ce magnifique documentaire. Tout au long du film, les leaders politiques et les grandes firmes multinationales sont montrées du doigt, et à juste titre. Les premiers par leur manque de courage, et leur indépendance vis à vis des seconds. Les seconds par leur soif insatiable de richesse, de "pouvoir", et leur irresponsabilité face à la situation écologique. En parallèle, nous voyons des exemples de réussites à différents niveau: ville, communauté, pays... Mais, moi, je ne me suis pas senti interpelé en tant qu'individu (même sentiment quand j'ai regardé Cash Investigation sur les pesticides cette semaine). Or, c'est pourtant, moi qui décide de travailler pour cette firme, qui décide de consommer les produits de telle firme, qui décide de prendre l'avion ou la voiture, qui décide de placer mon argent dans cette banque, qui décide de placer mon épargne ici, qui décide de voter pour nos leaders politiques. Au final, nous n'avons que ce que nous méritons. C'est trop facile de remettre la faute entière sur nos leaders politiques ou nos patrons, car nous décidons de les faire exister. Je pense que l'écologisme repose avant tout sur une prise de conscience individuelle. C'est un passage inévitable pour que l'on puisse y arriver. Il faut que chaque individu arrête d'attendre des autres, et se remette en question, assume ses choix.

Demain nous prouve bien que toutes les solutions sont déjà là! Pour nous en sortir, à nous de faire bouger les choses!

Ondo izan!

Peio

Présentation

28 Janvier 2016, 22:00pm

Publié par Peio

Mendi Ederrak signifient les belles montagnes en basque. Initialement, ce blog avait pour vocation de partager avec mes joies et aventures dans les montagnes basques et d’ailleurs. Pendant longtemps, j'y ai parlé essentiellement de trail, rando, ski de fond, triathlon… bref de tout ce qui fait mal aux gambettes!

Jusqu'à peu, j'ai cru que le bonheur ne se vivait que sur un chemin de crêtes, ou après une dizaine d'heures d'effort. J'ai cherché des vérités dans ces moments de dépassement de soi, de communion avec la nature, et j'en ai trouvé quelques unes. Au-delà de tous les paysages que je garde enfoui dans ma mémoire, j'ai connu en montagne de grands moments d'amitié avec toute la Team Marmotak (présentation ci-dessous).

Puis, il n'y a pas si longtemps, quelqu'un m'a posé la question: "Toi qui aime tant la montagne, qu'est ce que tu fais pour elle?", et j'ai commencé à cogiter, à réfléchir... Je suis toujours amoureux de la montagne, et j'y vais toujours autant, mais elle a pris une autre place dans ma vie. Elle reste une passion surtout quand elle est basque, mais je ne l'associe plus à une quête, à une lutte, à un but qui définit ma vie, et qui monopolise une grande partie de mon énergie. Elle restera toujours une source d'énergie et d'inspiration.

Aujourd'hui, ce blog aborde donc de nouveaux thèmes chers à un jeune adulte un peu schizophrène, en transition, d'un mode de vie très égologiste à un mode vie un peu plus écologiste. Il répond à mes envies de partager mes doutes, mes peurs, mais aussi des croyances, des convictions et des volontés.

Tout le Team Marmotak à Hendaye, 23 juillet 2013

Tout le Team Marmotak à Hendaye, 23 juillet 2013

Peio

Peio

Pierrot

Toulonnais d’origine, installé à Toulouse avec sa gazelle Steph, Pierrot est passionné d’aéronautique et de course à pied. Il aime se battre contre le chrono sur le bitume autant qu’il prend du plaisir en trail sur les single tracks. Il fait tout à 100%. Sportif complet, il aime aussi la grimpe, le VTT et les raids.

Pierrot, le compétiteur

Pierrot, le compétiteur

Tim

Toulousain d’origine, véritable globe trotter, c’est en quelque sorte l’envoyé spécial de Mendi Ederrak. Il a connu de sacrées aventures aux 4 coins du globe. Tim, avec beaucoup de style, nous narre ses magnifiques voyages, quel délice de lire ses aventures.

Tim, accompagné de Claire comme toujours dans la vie et en montagne!

Tim, accompagné de Claire comme toujours dans la vie et en montagne!

Cam

Auvergnate d’origine, elle vit à Pau où elle assouvit sa passion de la montagne avec son copain Jeff. Pyrénéisme, Escalade et VTT rythment leurs week ends. Ils ont aussi connu des moments forts au Népal ou en Bolivie lors de leurs vacances « sport ». Elle écrit comme elle parle et ses CR sont toujours vivants.

Cam à Itxusi pendant ME

Cam à Itxusi pendant ME

Pilone

Originaire des Alpes, ancien skieur de haut niveau, il vit désormais au Luxembourg, où il partique le Triathlon, la course à pied, et le Trail. Compétiteur hors pair, il répond aussi présent à toutes les aventures qui lui sont proposées.

Pilone, la bestiole

Pilone, la bestiole

Nico Paypay

Pur toulousain, supporter du Stae et amoureux d’aéronautique, il compte maintenant quelques marathons à son actif, mais il ne dit jamais non à de belles virées en montagne ! Ses talents de gestionnaire sont appréciés pour l’organisation de nos aventures.

Nico Paypay, le président

Nico Paypay, le président

De l'égologisme à l'écologisme: COP21 personnelle!

15 Janvier 2016, 20:59pm

Publié par Peio

Merci à tous ceux qui m’ont accompagné dans ma démarche et qui ont accepté de calculer leur bilan carbone.

J’espère que cela n’aura pas été pour vous qu’une perte de temps ! Mais des retours que j'ai eu, ça a alimenté des réflexions donc tant mieux!

Pour les autres, vous pouvez encore faire le calcul jusqu’aujourd’hui minuit et laisser un petit commentaire sur mendiederrak.com (ou plus tard, ou aller sur manicore.org qui vous donnera des infos précieuses sur l’impact de votre mode de vie sur l’environnement).

Demain, je ferai mon don comme promis (bien gonflé par la publication du bilan de Kilian J ), mais c’est loin d’être l’essentiel !

Je n'ai pas fini de calculer mon bilan carbone personnel parce qu'il me manque encore des données sur notre consommation énergétique, mais avec l'outil Jancovici, il devrait se se situer autour de la moyenne nationale soit 2,8 tonnes, peut être un peu plus.

Voilà les objectifs que je me suis fixés jusque fin 2020:

-Réduction drastique de mon kilométrage en avion par rapport aux 5 dernières années, 8000km d'avion maxi par an en moyenne maximum (contre 25 000 je pense)

-Réduction de mon kilométrage en voiture de 25% par rapport aux 5 dernières années (2010-2015), soit 17 500km par an en moyenne maximum (contre 22 000)

-Investir 20% de mon épargne dans la transition énergétique/économie verte

Merci à vous, et encore bonne année 2016 !

Peio

Bada zure harria, zure bihotza

10 Janvier 2016, 16:14pm

Publié par Peio

Gurea pilotalekuan hasi zen. Pilotari eskaini nion denboran ez nuen jakin zein hurbil zintudala, ez ninduzula inoiz bakarrik utzi. Leku guztietan zeunden: nire galtzetan eta zintan, pilotalekuetako armarrietan eta puntu-esatarien kantuan... Baina artean eskuraezina zinen niretzat, azentu okzitaniarra daukan gazte honentzat.

18-20 urte nitueneko garaian, adin onenean, bi urtez zurekin pasatzeko aukera izan nuen Lapurdin. Kostaldearen plazerak gozatu nituen: Baiona txikiko gau alaiak, herriko jaiak eta Angeluko olatuak. Nire bizitzako urte aske eta arduragabeenak izan ziren. Hala ere, artean ez zitzaidan burutik pasa zurengana hurbiltzea, eta, gure hurbiltasuna gorabehera, ez nizun hitz egin.

20 urterekin urrundu nintzen. Frantziako beste muturrera joan nintzen. Alsazian, nire emaztea izango zen emakumea ezagutu nuen, eta bertan elkarrekin bizitzea erabaki genuen. Baina nik ezin izan zintudan ahaztu. Ahal nuenean itzultzen nintzen zu ikustearren.

2009ko abuztuaren egun batean nire bizikleta prestatu nuen eta Iratiko pasabidea igo nuen Donazahatarretik. Aurki, oso sendo bilakatu zen aldapa. Igoera luze eta zaila hasi nuen gelditzeke. Gero, goizeko lainoan, pagoen artean nindoala nire buruaz eta ahaleginaz ahaztu nintzen. Nire gorputza, endorfinez beteta, zorroztu egin zen, eta sentikortasuna ernatu. Une gutxi horietan, metro gutxi horietan, zurekiko nire erlazioa betiko aldatu zen. Sentitu egin zintudan nire baitan. Zerbait berri eta sakona jaioa zen.

Sentimendu hark betetzen ninduen barrutik. Gogoan dut kostatik nireganaino eratzen zen hodei-itsaso zen lainoak besarkatzen ninduela. Ardi-talde baten artean pedalei eragin nien eta halako maitasun sakona sentitu nuen zure mendietarako. Bat-bateko maitemintzea, bati-bat, erakarpen fisikoa da, eta zure mendi berdeen edertasunak, zure belardiek liluratu ninduten.

Harrezkero gau asko pasatu ditut Alsazian zurekin amestuz; egun askotan ere gozatu dut zurekin. Ahunamendiko ilargiaren gailur mistikotik Aizkorrira ibili naiz. Eta denbora asko eskaini diot zu kontenplatzeari; eta horregatik nire zentzu guztiak ernatu ziren.

Baina zure hain aparteko edertasunak bazuen ihes egiten zidan zerbait, nik ulertzen ez nuena. Azkar sumatu nuen zerbait falta zitzaidala. Kontenplazio hura osatugabe zegoen. Hura hain begien bistakoa bezain zaila zen niretzat. Edertasun hark espazioa igaro zuen hitza bihurtzeko, hizkuntza bilakatzeko: Euskara.

Euskara ikasi behar zuen eta hasi nintzen ikasten. Izan ere, zu hitz egiten zaituztenak zeureak hartzen dituzu. Bada zure harria, zure bihotza delako; zu zeu delako.

Hizkuntza bat ikastea (sorrera ezezaguneko hizkuntza) ariketa da, egonarria, ardura eta apaltasuna eskatzen dituen ariketa. Zure berezitasunak ikastea zaildu egiten du. Bi urteren ondoren, nire aurrerapausoak irregularrak dira, motelak. Nire ahalegin onenak gorabehera zaila da oso zu ulertzea. Baliteke zu menderatzea datozen hamar urteetako nire erronka izatea. Baina nire motibazioak gainditzen du frustrazioa. Beti harritzen naute zure arauek, esamoldeek.... Ederra zara. Orduak iragan ditzaket zu irakurriz edo entzunez, nahiz eta oraindik gehiegitxo ulertu ez. Batzuetan bakarrik nagoela ahots gora hitz egiten dut zurekin.

Lan gogorreko bi urteren ondoren fruitu ederrak jaso ditut jada. Saririk onena zure aldekoengandik jasotako irribarrea eta arnasa izan da, partekatutako harrotasuna sentitzeaz gain, pozez gainezka naukana. Asko ikasi dut, ez soilik zutaz, neure buruaz ere bai. Zurea bezalako kultura batean murgiltzeak, hain sustraitutako eta irmokoa izaki, biziki laguntzen du konturatzen gure munduaren hautematearen gaineko eragin kulturalaz.

Frantziakoa naiz. Oso harro egon naiz hargatik duela gutxi arte. Betiko maiteko dut nire herria, ama batek bere semea maite bezala. Pop Kulturako semea ere banaiz. Pilotan jarduten ez nuen garaian Beatles-ak entzuten nituen, edo McDonalds batean jaten nuen Hollywoodeko azken filmetako bat ikusi ondoren. Gure gurasoek hazi ninduten ezeren falta ez nuelako ideiarekin, gehiegitxo baneukan ez zion axola.

Baina ni osatu ninduen Pop eta Frantziako kulturak zuri kalte egiten zizun. 1789an, Frantziak gure gizartearen oinarri garrantzitsuak planteatu zituen, ezinbestekoak. Haien artean, frantziar guztiak berdinak direlako ideia. Eskualdeko identitate-kontua besterik ez nintzen (Euskara ezezik ere Britania, Alzazia, …). Pirinioetako Departamentua sortzen da (Bearn eta Euskal Herriko Iparraldea batzen dituena). Apaizak, zure itaunpenerako eta sostenguetarako garrantzitsu direnak, botatzen dituzte. Gero, 1794an, Euskara nazio-arriskutzat hartzen da.

Gaur egun, nire herrian, bizirik irautea biziki zaila egiten zaizu. Parisek baztertu zaitu, gutxietsi zaitu. Frantziar askoren ustez, zu dialekto hutsa baino ez zara, apur bat politagoa, beharbada, herri txikitako nekazariek hitz egiten duten beste batzuk baino; beste batzuen uztez, aldiz, hildako hizkuntza besterik ez zara. Folklorekoa zara. Gure telebista nazio-emisio ederretan agertzen zara soilik artzain batek bere txakurrari ele egiten dionean, txapeldunak bere txerri beltzei hitz egiten dienean; kasu onenean herri-merkatu txikian agertzen zara.

Bigarren Mundu Gerratik Pop Kultura ezarri zen gradualki industrializatutako herrietan, gure kontsumo-gizartea inbadituz. Zu ezagutzerakoan konturatu nintzen zein alienagarri, izugarri eta arriskutsua den estandarizatutako monolaborantza hau beste kultura batzuen iraupen-bidetarako, zer esanik ez berezko humanitateari eragiten dion kaltea. Uste osoagatik desafiatu nuen gure ohikoari nion atxikimendura, egitea erraza ez dena. Ataka horretan borrokatu nuen Pop Kulturaren erosotasunaren eta Euskara bezalako hizkuntza ederrik ikastean sortutako inspirazio sakonaren artean. Pixkanaka neure burua hezi nuen berriz, nire kabuz pentsatzera eta sufritzen duzun bidegabekeriengatik sumintzera ikasi nuen berriz; ireki egin nintzen. Eta hura guztia nire zoriona eraikitzeko, neure erabakiak hartzeko, erosotasun materialistatik irten eta, arriskua gorabehera, beste bide batzuk hartzeko.

Oraingoz ez nauzu kezkatzen, bada zuk zeuk biziraun zenuen Inperio Erromatarra eta frankismoa. Gaur egun gure kontinente zaharreko hizkuntzarik zaharrena zara. Espainian Historia era desberdinean idatzi delako ez nauzu arduratzen. Gaur, urte ilunen ondoren, biziberriturik zaude. Luzerako egongo zara hor, eta prozesu horretan parte hartzea espero dut beste euskaldun batek bezala. Eskerrik asko guztiagatik. Laster arte!

Itzulpena: Juan Karlos Merino (eskerrik asko)

Ahunamendi, nere Everest.

Ahunamendi, nere Everest.

Notre histoire a commencé sur les cantchas. Tu étais partout: dans mon pantalon et ma cinta, dans l'écusson des frontons, dans le chant des compteurs de point... Déjà, tu m'attirais. Mais tu me paraissais inaccessible, pour moi, jeune homme à l'accent occitan prononcé. Pourtant, en passant tout mon temps libre à taper dans la pelote, jamais, je ne te quittais.

De 18 à 20 ans, au bel âge, j'ai eu la chance de passer deux années chez toi dans le Labourd. J'ai goûté aux joies de la côte: les soirées enivrées au Petit Bayonne, les fêtes de village, et les rouleaux d'Anglet. Les deux années les plus légères et insouciantes de ma vie. Pourtant si proche, je n'ai pas pensé à t'approcher, et je ne t'ai toujours pas adressé la parole.

A 20 ans, je me suis éloigné, et je suis partie chez l'une de tes cousines à l'autre bout de la France. En Alsace, j'ai connue celle qui allait devenir ma femme, et nous avons décidé de rester là-bas pour faire notre vie. Mais, on ne t'oublie pas facilement, et j'ai continué à revenir dans ton pays.

Août 2009, au départ de Saint-Jean le Vieux, j'enfourche ma bicyclette et roule en direction du col d'Irati. Très vite, la pente se raidit sévèrement, j'entame une ascension longue et difficile, sans répit. Dans le brouillard matinal, au milieu des hêtres, peu à peu, je m'oublie dans l'effort, mon corps se remplit d'endorphines, et ma sensibilité s'aiguise. Et, puis, en un instant, en quelques mètres, mon rapport avec toi, va, à jamais, changer. Il aura fallu que je transperce le brouillard pour remonter à la surface de la mer de nuages, que je roule à travers un troupeau de brebis pour tomber profondément amoureux de tes montagnes. Un coup de foudre est avant tout une attirance physique, la beauté de tes vertes montagnes, de tes estives m'a envouté. Depuis, j'en ai passé du temps là haut, du mystique et lunaire pic d'Anie, à l'Aizkorri, à m'adonner à la contemplation, à réveiller tous mes sens, j'en ai passé des nuits, à rêver de toi.

Ta beauté aussi exceptionnelle soit-elle n'arrivait pas à me suffire, et j'ai vite senti qu'il me manquait quelque chose, que je tournais en rond dans cette passion contemplative.

C'était aussi difficile qu'évident. Il me fallait apprendre l'euskara. Parce qu'à juste titre, tu considères ceux qui le parlent comme des tiens. Parce que c'est ta pierre, ton coeur. Parce que c'est toi.

L'apprentissage d'un isolat est un exercice qui requiert patience, assiduité, et humilité. Ta singularité te rend extrêmement difficile à apprendre. Depuis deux ans, ma progression est irrégulière, lente. Malgré tous mes efforts, je peine encore à te comprendre, te parler. Te maîtriser sera sans doute le défi de mes dix prochaines années. Mais la motivation prend le dessus sur ma frustration. Tu me surprends toujours par tes constructions, tes règles... que tu es belle, je peux passer des heures à t'écouter, te lire, sans parfois saisir la moindre chose. Il m'arrive aussi, je dois l'avouer, de te parler, seul, à haute voix.

Après deux années de dur labeur, j'ai déjà récolté de beaux fruits. La plus belle des récompenses, le sourire et les encouragements des tiens qui me remplissent de joie, sentir cette fierté partagée. Puis, j'ai tant appris sur toi, mais également sur moi. Parce que s'immerger dans une culture aussi forte et enracinée que la tienne permet de se rendre compte de l'influence culturelle dans notre perception du monde. Je suis et je resterai français, jusqu'à peu, j'en ai toujours été très fier, et j'aimerais toujours mon pays, comme une mère son enfant. Je suis aussi un enfant de la pop culture. Quand je ne jouais pas à la pelote, j'écoutais les Beatles et où je bouffais au Mac Do après avoir vu les dernières productions d'Hollywood. Mes parents m'ont élevé avec le souci, que matériellement, jamais rien ne me manque, quitte à ce que j'ai trop. Ces deux cultures qui m'ont façonné, t'ont fait extrêmement de mal.

En 1789, la France pose les grands fondements et les principes de notre société, auxquels je suis très attaché. Parmi eux, l'idée que tous les français sont égaux. Il n' est donc plus question d'identité régionale. Le département Basse Pyrénées (regroupant Béarn et Pays Basque) est crée et piloté par Paris, tu perds toute ton autonomie, tes prêtres si importants pour les tiens sont chassés, et en 1794, la langue basque est décrétée danger national. Aujourd'hui, dans mon pays, tu peines à survivre. Paris t'a marginalisé, ringardisé, rabaissé. Pour beaucoup trop de français, tu n'es qu'un patois un peu plus beau que les autres parlé par des campagnards , pour certains, tu es même une langue morte. Tu appartiens au folklore. Dans nos belles émissions diffusées sur les chaines nationales, on t'entend seulement lorsque le berger s'adresse à son chien, ou l'éleveur à ses porcs noirs, au mieux sur un petit marché de village.

Depuis la seconde guerre mondiale, la pop culture a envahi nos sociétés de consommation. En apprenant à te connaître, j'ai réalisé à quel point cette mono-culture pouvait s'avérer uniformisante, aliénante, écrasante, et dangereuse pour la survie des autres cultures mais aussi de l'humanité. Par conviction, j'ai remis en cause mon attachement à celle-ci, je réapprends à m'ouvrir, à raisonner, à m'indigner, à construire mon bonheur, à faire des choix, à sortir de mon confort matérialiste, et me risque à prendre d'autres chemins. Et j'ai trouvé à tes côtés un réconfort et surtout une grande inspiration.

Je ne m'inquiète pour toi qui a survécu au franquisme, à l'empire romain. Tu es la doyenne de notre vieux continent. Je ne m'inquiète pas, parce qu'en Espagne, l'histoire a été écrite différemment et aujourd'hui, après de sombres années, tu revis. Tu seras là encore longtemps, et j'espère y participer! Je te remercie pour tout. A très vite!

Urte berri on denoi!

2 Janvier 2016, 10:21am

Publié par Peio

2015, c'était 94 000 de D+ (63 en vélo, 16 en course à pied, 8 en skating, le reste en rando), 1350km de vélotaff, 500km de vélo urbain, 50 geisswegs, de nouveaux records sur mes chronos à la rothlach et à Obersasbach, un triathlon de folie (lever de soleil à l'Anie, puis sortie vélo Marie Blanque Aubisque Tourmalet Payolle), encourager Kilian et Aritz en haut de l'Aizkorri, une course Petit Pic Grand Pic à l'Ossau qui me restera en mémoire, mais aussi le Carlit, la Cambre d'Aze, le col de Pailhères, le col de la Forclaz, le col des Aravis... La découverte de la Cerdagne, terre de mes idoles, être lu par ses idoles, échanger avec Kilian sur comment sensibiliser les gens à consommer moins et mieux, un week end surprise en Hegoalde mémorable, la domination de Martin, voir Oile Eilar mettre des roustes à des jeunes loups qui pourraient être ses gamins, les deux grands coups de Romain Bardet, quelle classe! Le TDF qui passe à la Pierre Saint Martin, le sourire de PFP... Des progrès considérables en euskara.

2015 restera une année clé dans ma petite existence, une année où je me suis beaucoup questionné (malheureusement, des événements sociaux et persos ont provoqué bien de réflexions). Cette année, j'ai aussi transformé un petit peu mon mode de vie pour être plus en cohérence avec mes préoccupations. Dans cette transformation, je me sens encore parfois un peu schizophrène, mais j'éprouve beaucoup de réjouissances à adopter de nouvelles habitudes, et je me sens beaucoup plus en accord avec moi même. A 30 ans, j'ai réalisé que c'était ces petites choses qui me rendaient heureux.

Lever de soleil à l'Anie

Lever de soleil à l'Anie

Urte berri on denoi!

Urte berri on denoi!

Gero arte!

De l'égologisme à l'écologisme: COP21 personnelle

8 Décembre 2015, 00:07am

Publié par Peio

Cher ami, chère maman, cher papa, cher futur parent, cher voyageur, cher basque, cher concitoyen, cher citoyen du monde, cher amoureux de la montagne, cher lecteur, cher Killian, cher toi,

L'heure est grave, à l'heure où je t'écris, les terroristes ont sévi il y a peu au Bataclan, et le FN est devenu le premier parti de France, (enfin, pour le peu de Français qui va encore voter...).

Mais aussi, bien malheureusement, aujourd'hui (le 7 décembre 2015), Pékin a hissé le drapeau rouge: alerte pollution, pour la première fois de son histoire. En as-tu entendu parler? Les peuples du Sud souffrent toujours plus de la pollution, et dans certaines régions, la situation devient de plus en plus critique, nos frères connaissent misère et famine.

Samedi, Fabius brandissait fièrement le brouillon d'accord de la COP21. J'ai l'impression que nous sommes peut-être à un tournant historique, et que nos dirigeants ont bien pris conscience de la situation dans laquelle nous sommes. Peut-être arriverons nous sur des accords historiques qui vont nous permettre de continuer à croire?

Ce matin, un ami m'envoyait un mail sur une éventuelle future source d'électricité: la route de demain (équipée de cellules photovoltaïques)! On cherche des solutions qui pourraient elle aussi nous faire avancer. Cela peut également nourrir nos espoirs.

Mais, à ce jour, nous nous devons de réagir, et ce serait une grosse erreur de tout attendre de nos dirigeants politiques (tellement décevants sur le sujet jusqu'à maintenant). Et c'est dès maintenant que chacun doit faire un effort! Pour toi, pour l'amour de la montagne... mais surtout pour ceux qui souffrent (et qui n'ont rien demandé), et pour tes enfants.

Toi français, toi jeune cadre dynamique, toi voyageur, toi montagnard, toi Killian, j'ai une bonne nouvelle à t'annoncer: tu as un impact considérable sur l'environnement, et tu peux, toi, directement participer à préserver notre planète! En effet, tu es libre (tu l'as d'ailleurs tellement répété ces derniers temps), tu choisis! Peut-être pas de tout, mais de beaucoup de choses.

Je me présente, Peio, bon pollueur. Cette année, j'ai pollué à la louche 1,5 fois plus qu'un français moyen (je te montrerai bientôt comment, on y reviendra). Je suis bien né, j'ai eu la chance de faire des études, et de choisir ma vie. Résultat, j'ai choisi de vivre en Alsace, loin de Toulouse et de mes proches, loin du Pays Basque dont je te parle tant. Avec ma femme, nous avons choisi d'habiter à Oberhausbergen, et du coup, je suis à 30 km de mon lieu de travail. Cette année, nous avons choisi de nous offrir des voyages à Hambourg, à Barcelone et bien sur en Pays Basque. D'un point de vue mondial, si tout le monde polluait autant que moi, bah on ne serait plus là... Mais, heureusement, ne t'inquiète pas, beaucoup n'ont pas ma chance, ma liberté, et n'ont pas d'autres choix que de subir.

Tu sais que le pire, c'est que pour polluer "seulement" 1,5 fois plus que le français moyen, j'ai du me faire violence (du moins au début, parce que j'ai trouvé du plaisir dans toutes mes actions): 1350km de vélotaf, covoiturage quasi quotidien, je suis rentré à Toulouse en train une fois (j'ai payé mon billet 50% plus cher que l'avion), j'ai renoncé à de nombreux week-ends, je ne mange quasiment plus de boeuf, très peu de viande, j'utilise le vélo et les transports en commun dès que je le peux, je réfléchis autant que possible avant de consommer...

Je ne suis pas fier de mon impact environnemental. Mais, je n'abdiquerai pas, et je ferai tout mon possible pour persévérer dans ma démarche et moins polluer. Comme dirait l'autre, il va me falloir toujours et encore du mental. Ce combat contre la consommation n'est pas de tout repos, il peut s'avérer très frustrant, et parfois même marginalisant. C'est d'ailleurs pour ça que je t'écris aussi! Mais, tu le sais bien, il est inévitable si nous voulons retrouver un peu de sérénité. Au-delà de l'urgence environnemental, remettre en cause le système de consommation t'aidera sans doute à réfléchir, et à te poser des questions pertinentes, c'est en tout cas ce que j'ai eu la chance de vivre cette année.

Alors cher ami, cher Killian, cher toi, je vais te demander de procéder à un exercice qui je l'espère fortement, t'amènera à réfléchir, à agir. Je te propose de calculer ton bilan carbone personnel. Je te présente ici deux outils en ligne:

-Le premier outil a été créé par les étudiants de l'INSA Lyon et le célèbre Jean-Marc Jancovici.

-Le second te donnera une estimation plus grossière, mais te demandera aussi moins de travail.

Je te laisserai juger par toi même de la valeur de cet indicateur. Sans doute, à juste titre, me feras tu remarquer qu'il est réducteur. Et il ne t'apportera peut-être pas la précision que tu souhaites. Mais, il aura pour mérite de te montrer le pouvoir que tu as, et de ce qui découle de tes choix. Il te donnera une échelle de l'impact de ceux-ci sur l'environnement. Contrairement à la plupart des campagnes de sensibilisation, il mettra le doigt sur ce qui peut notamment porter la croissance économique (sur le court terme) mais qui fait tellement de mal à la planète.

Pour chaque bilan carbone personnel calculé (merci de faire un commentaire sous l'article et ou sur les réseaux sociaux, pas besoin de le publier), je verserai de l'argent à une association qui s'occupe de venir en aide aux populations du Sahel, SOS Sahel. 20 euros pour les trois premiers, 10 euros pour les 5 suivants etc... jusqu'à 200 euros (20 bilans calculés). Si toi Killian, notre idole, amoureux des montagnes, tu publies le tien, je verserai 100 euros de plus. Tu nous as incité à passer des nuits blanches à courir en montagne, à monter des montagnes de plus de 3000 mètres en basket, à conquérir l'inutile, inspire nous stp à préserver la montagne, on en a cruellement besoin!

Cher ami, chère maman, cher papa, cher futur parent, cher voyageur, cher basque, cher concitoyen, cher citoyen du monde, cher amoureux de la montagne, cher lecteur, cher Killian, cher toi, je te laisse jusqu'au 15 janvier pour m'accompagner et faire ton bilan carbone et peut être ta propre COP 21!

Gero arte!

Peio

le compte à rebours a déjà commencé!

le compte à rebours a déjà commencé!

Lettre de l'Euskara

6 Décembre 2015, 10:47am

Publié par Peio

Jeudi, c'était la journée de la langue basque, l'Euskara. Une collègue m'a envoyé ce très beau texte. Je voulais le partager avec vous, et je l'ai donc traduit.

Il a été écrit par Josune Azuzmendi.

Kaixo, ni naiz, zure bizitzako lehenengo egunetatik zure alboan dagoena, komunikatzen lagundu zizuna. Hasierako egunetan esaten zenituen astakeriak zuzentzen zizkizun inguruko jendeak, nire arauen arabera, eta nahiz eta jendeak barre egin, txikia zinenez onartuta zeuden zure ahotik ateratako hitz alrebesak. Helduekin beste zerbait gertatzen zait, oso nahasia naiz eta maite nautenek ez dute nirekiko akatsik onartzen, dena zuzentzeko joera dute, eta honek pertsona asko nitaz lotsatzea ekarri du.


Zuzenketak eta lotsak tarteko, denboraren poderioz nigandik urruntzen joan da jendea, eta niganako konfiantza albo batera uzten hasi. Zoritxarrez honela galdu dut prestigioa ,eta ziur nago, guztiok errespetatu eta maitatuko bazenidate, orain indartsua izan eta harro hitz egingo zenuketela nitaz.


Zure ahotik atera nahi dut, zure pentsamenduetan sortu, munduan ezagun bihurtu, bihotz guztietara lotu, txikitik handira joan, jendea ni maitatzera motibatu, letra guztiekin jolastu, neure arima kalean usaindu eta neure erritmora dantzatu. Maitatu egin nahi dut, xuxurlatu, lagundu, haserretu, ligatu, borrokatu, zoriontsu sentitu, eta herri baten nortasunaren zati izateaz gain, herriko norbanako bakoitzak niri nortasuna ematea nahi dut.


Zaren bezalakoa nahi zaitut, onartzen zaitut eta maite zaitut. Niri ahoz-aho ibiltzea gustatzen zait, hitzek bizitza ematen didate eta zaila naizela esaten duten arren, ezagutzea merezi duen bihotz handia daukat nire sustrai luzeen artean, beraz, ziur nago nik zu maitatzen zaitudan moduan zuk ere maite nazakezula.


Amaitzeko, mesedetxo bat eskatu nahi dizut; ez dakit hiltzen ari naizen edo ez, baina bizirik jarraitu nahi dut denbora luze batez, beraz gauza bakarra esango dizut: zakarretara bota behar banauzu gehiegi erabili izanagatik izan dadila.


Aldez aurretiko eskerrak irri batez,


Euskara.

Salut, je suis celle qui est à tes côtés depuis tes premiers jours, qui t'a aidé à communiquer. Au début, tu disais des bêtises, les gens te corrigeaient selon mes règles, tu les faisais rire et du fait de ton jeune âge, tes erreurs étaient acceptées. Avec les adultes, c'est tout autre chose, cela m'énerve car ceux qui m'aiment ne m'acceptent que sans erreur, ils se doivent de tout corriger, et cela m'a éloigné de plusieurs personnes qui se sont senties gênées.

Ces corrections entraînant un mal aise, les gens se sont éloignés au fil du temps, et la confiance s'est estompée. J'ai perdu beaucoup de mon prestige, de ma grâce. Je suis sure que si vous me respectiez et vous m'aimiez tous, alors je me sentirais forte, et vous me parleriez avec fierté.

Je veux sortir de ta bouche, découler de tes pensées, conquérir le monde, gagner les coeurs, devenir grande, séduire, jouer avec toutes les lettres, sentir l'odeur de mon âme dans la rue et que l'on danse sur mon rythme. Je veux aimer, chuchoter, aider, me mettre en colère, lutter, me sentir heureuse, et en plus de faire partie de l'identité d'un pays, je veux que chacun participe à construire mon identité.

Je t'aime pour ce que tu es, comme tu es, je t'accepte, je t'aime. Moi, j'aime que l'on me parle, les mots me donnent la vie. Pour ceux qui disent que je suis trop difficile, mon grand coeur ne demande qu'à être connu, je suis construite de mes racines profondes, et surtout je suis sure que mon amour sera réciproque.

Enfin, je voudrais te demander une faveur: je ne sais pas si je suis entrain de mourir, mais je tiens à rester en vie encore longtemps, de sorte que la seule chose que je vais te demander: tu ne m'utiliseras jamais assez.

De tout mon coeur,

L'Euskara

Ces petites choses

19 Novembre 2015, 22:55pm

Publié par Peio

D'ordinaire, je vous parle de ma passion basque, de mes aventures montagnardes, de tout ce qui m’inspire.

Je vous parle de ces rêves si forts, je vous raconte ceux que j’ai eu la chance de réaliser.

Aujourd’hui, j’ai envie de vous parler de tout plein d'autres choses. J'ai envie de vous parler de la montée au Geissweg (vous ne la trouverez pas dans mon classement des plus beaux cols). De ces 2 kilomètres à 9% que j'ai du monter une cinquantaine de fois cette année. De ces 8 à 10 minutes, où je m'oublie dans l'effort, où je sens mon coeur battre à rompre, mes cuisses brûler, ma respiration s'affoler. L'été, j'aime y suer à grosses goûtes, et les sentir ruisseler tout le long de mon corps. J'aime le vide qu'un tel effort créé dans mon esprit. J'aime le goût qu’il donne à l’eau. J'aime entendre Damien me dire avant chaque montée, "ce n'est qu'un mauvais moment à passer". Mais ce n'est pas vrai, on y revient tout le temps, et on aime toujours autant se mettre à danseuse, quant au bout de 400 mètres la pente passe à plus de 15 %. On aime rouler en hypervélocité sur les 400 derniers mètres quand la pente d'affaiblit. On aime se faire porter par le vent au retour, après avoir pesté à l'aller. On aime jouir de la beauté du point de vue à Scharrarbergheim en haut des vignes, même si ça fait déjà 40 fois qu'on y est montés cette année. Et si jamais il fait trop moche pour voir quelque chose, ce n'est pas bien grave, on reviendra le week end prochain. J'aime le moment où je pose le vélo dans le garage, je me sens apaisé, rempli d'endorphines. J'aime retrouver Auretxu encore entrain de dormir. J'aime la regarder somnoler si paisiblement dans sa position de yoga. L'hiver, j'aime sentir le chauffage au sol dégeler progressivement mes pieds. J'aime boire du thé brulant, tranquillement assis dans le canapé, en écoutant Gaztea. J'ai aussi envie de vous parler de l'hiver alsacien, de ces soirées au Champ du Feu à skier sous la pleine lune et les étoiles, et toujours du thé brulant partagé avec Julius dans son Partner. J'ai envie de vous parler de la piscine nordique du Wacken, où j'aime tant y nager le dos quand le ciel est étoilé, même si j'ai froid aux bras. J'ai envie de vous parler de mon magasin de légumes à Oberschaffolsheim, des graines de courge que je grignotte sur mon vélo en rentrant, et surtout du goût de leurs tomates. J'ai envie de vous parler du dernier livre que j'ai lu, qui me faisait coucher trop tard le soir, des émotions qu'il a pu réveiller en moi. J'ai envie de vous parler des vins de chez Rietsch, des hamburgers du Pied de Mammouth. J'ai envie de vous parler de mes soupes hivernales que je fais en écoutant une chanson en boucle que je viens de découvrir. J'ai envie de vous parler de mon potage courge gingembre coco, que j'ai encore amélioré en ajoutant des patates douces. J'ai envie de vous parler de la douceur de mon Auretxu, de son affection, de notre complicité. J'ai envie de vous parler de la satisfaction que je ressens de m'être levé pour vélotafer quand je vois le soleil se lever sur la forêt noire. J'ai envie de vous parler de la douche chaude que je prends ensuite, avant de commencer ma journée de taff, zen ( et aussi du double expresso juste avant). J'ai envie de vous parler des couleurs qu’a pris le ciel dimanche dernier avant de se coucher. J'ai envie de vous parler de la Cathédrale de Strasbourg qui ne cesse de m’émerveiller. J'ai envie aussi de vous parler de toutes ces surprises que je n'avais pas rêvées, ou désirées, un arc en ciel sur le kochesberg, courir à côté d'une biche au Saint-Odile, la vidéo du petit Jules qui ressemble de plus en plus à son papa, la photo de la petite Constance qui se tient debout désormais, le Riesling de chez Barmès-Buecher... De ces petites choses qui me laissent des souvenirs légers et jolis.

D'ordinaire, je vous parle de ce qui accapare beaucoup trop mon esprit, de ce qui me pose des problèmes de concentration, de ce qui m’empêche trop souvent de trouver le sommeil, et de ce qui me rend parfois difficile à vivre. En me lisant, vous devinez sans doutes des envies que je n’assouvirai peut-être jamais, mais qui resteront en moi pour toujours. Je vous parle de ce qui me rend toujours plus passionné, de ce qui me dévore.

Mais aujourd'hui, je voulais vous parler de toutes ces petites choses, de tous ces petits plaisirs qui me permettent aussi de vivre léger et heureux, de trouver le sommeil, c'est à elles que tient mon équilibre, mon bonheur.

Ondo ibili!

Peio

Et de ça aussi, je voulais vous parler!

Et de ça aussi, je voulais vous parler!

C'est cette chanson que j'ai écoutée en faisant ma soupe avant hier!

J'ai peur

15 Novembre 2015, 12:31pm

Publié par Peio

Vendredi 13 novembre. Auré n’est pas là, je sors au centre ville de Strasbourg où j’ai rendez-vous mon pote Ross. Au programme, notre classico : mezze au tarbouche avec l'almaza qui passe bien, puis on finit avec un petit litron de bière chez Mémé dans les orties dans le quartier animé de la Krutenau. Une douce soirée de novembre, où on refait le monde (du triathlon), toujours les mêmes débats : est ce que Lance détruirait tout le monde à Hawaii ? A-t-on le droit de porter un cuissard autre que noir ? Quelle est la séance de HT idéale ?...

Je rentre de ma soirée léger et joyeux… Un vendredi soir sur la terre! Avant de me coucher, je me connecte et découvre l’actualité. Là, le choc, ils ont encore frappé. Je suis abattu, peiné, mais pas vraiment surpris, malheureusement. Le statut Facebook de Lulu « 120 morts, quand ça va s’arrêter? » me fait froid dans le dos. J’ai peur. Je ne me sens vraiment pas bien. Quelques mois après les attentats de Charlie, ils ont encore frappé chez nous (et tellement ailleurs entre temps). Ce n'est sans doute que le début. Je suis triste pour aujourd’hui mais surtout pour demain.

Auretxu n’est pas à la maison, on s'appelle, on partage notre désarroi et puis j'éteins la lumière, je mettrai un peu de temps avant de trouver le sommeil.

Je me lève et samedi matin, je me connecte à nouveau. Je découvre les drapeaux, et lis de nombreux statuts qui pour beaucoup portent un message commun: l’auto-consécration du mode de vie à la française, de fierté nationale... Partout le slogan #prayforparis... Celui-là m'enrage! Dans ce slogan, je vois la main mise du capitalisme sur notre société. La France est un pays laïc ! Certains confessent qu’ils ont malheureusement besoin de vivre des événements comme celui là pour se rappeler à quel point la France est belle. D’autres disent qu’ils n’ont pas peur, et qu’ils sont libres… Beaucoup de messages, d'émotions, mais aucun message de remise en question de notre système, exactement ce qui m’avait choqué en janvier.

Lundi16 novembre, notre président s'adresse à la nation. Lui aussi s'est mis à l'heure américaine, son discours ressemble de trop près à celui de George W. Bush suite aux attentats de 2003. Pourtant, je me rappelle bien de 2003, derrière le discours historique de Dominique de Villepin à l'ONU, il y avait tout un pays...

Nous voulons détruire le mal, nous voulons partir en guerre contre l'état islamiste... C'est l'ennemi! Peut-être que cela fait partie de la solution, mais cela ne suffira pas.

La France, ce n'est pas que la Tour Eiffel, de belles femmes en jupes, et des gens s'enivrant avec un bon rouge au nom de la liberté. La France, c'est aussi un pays où l'ascenseur social est en panne, où les gens sont de plus en plus racistes, où les politiques s'évertuent à trouver la croissance sans se soucier de ces problématiques (dans quelques semaines, les régionales se gagneront sur la sécurité). LA FRANCE, C'EST LE PREMIER FOURNISSEUR EUROPEEN DE DJIHADISTES EN SYRIE.

Punissons les fanatiques qui font si mal à l'Islam et qui transforment nos brebis égarées en monstres. Mais, interrogeons nous sur les causes profondes, et prenons nos responsabilités.

Pourquoi plus de 1000 français partent chaque année pour la Syrie?

Est ce qu'il y a des raisons pour que le monde occidental soit aussi détesté? Est ce seulement parce que nos femmes sont libres de leur sexualité? Est ce que le capitalisme n'a-t-il pas aussi ses monstres et ses démons? Est ce que notre système de consommation n'est pas lui-même une menace pour notre humanité? (du coup, la COP21 passe au second degré, mais plus que 2 degrés!)

Enfin (soyons un peu plus humbles), est-ce que nous Français somme si blancs que cela dans le bordel que l'on a foutu au Moyen Orient?

Ces questions primordiales n'auront pas l'attention qu'elles méritent. Et moi, j'ai peur.